C'est nous

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lundi 1 août 2011

Pakse et le plateau des Bolovens

Nous sommes partis de Champassak sous la pluie et sommes arrivés à Paksé sous la pluie. Du coup nous avons quelque peu changé nos plans. Nous avions prévu de partir dans la foulée pour les Boloven et en particulier Tad Lo, mais avons décidé de rester la journée à Paksé afin d’aviser. C’est que depuis quelques jours nous réfléchissons à continuer notre voyage au Laos pour être honnête. En effet, la pluie incessante sur les 3 derniers jours nous a quelque peu refroidi et toutes les personnes que nous rencontrons nous disent que dans le nord c’est le déluge… Bref nous nous installons à Pakse dans une charmante guesthouse et revisitons l’ensemble des opportunités qui s’offrent à nous afin d’éviter la pluie
ð     éviter le nord et passer directement au Vietnam en faisant le nord et en descendant tranquillement vers Ho Chi Minh pour le 24 aout (point de rencontre avec Sœur Christine) – mais la pluie s’annonce sérieuse aussi dans le nord du Vietnam
ð     Filer 3 semaines en Indonésie où il ne pleut quasiment pas et revenir le 24 à HCMV. Là encore nous explorons les possibilités de vols via Airasia mais le coût est un peu prohibitif tout de même.
ð     Ne rien changer à nos plans et rester sur l’idée de partir dans le nord du Laos faire quelques treks avant de redescendre sur Luang Prabang et filer au Vietnam via la plaine des Jarres.
Après mures réflexions nous décidons de partir coûte que coûte le lendemain aux Bolovens et de prendre notre décision au retour.




La journée à Paksé se résume à une journée intermédiaire. Un indien pour le déjeuner, quelques courses type pharmacie et une bonne sieste.

Le lendemain nous partons pour Tadlo. Tuk tuk pour la gare de bus de Pakse et bus local. Le tuk tuk négocié n’est pas au rendez vous. Matt part en chercher un autre et fini par ramener celui négocié la veille (en renégociant… c’est le Laos) et nous arrivons 20 minutes avant le bus de 8h ! Chouette… Sauf que le bus est finalement programmé à 8h30 et qu’il ne partira qu’à 9h45… C’est le Laos.
Finalement après 1h30 de bus nous arrivons à l’intersection et partageons un tuk tuk avec d’autres touristes. Déposés devant la Palamey Guesthouse (recommandée par quelques espagnols aux 4000 îles) nous trouvons un magnifique bungalow avec vue sur les rizières pour 60000 Kip (5,4 euros pour les novices en devises Lao). Bien nous en a pris le lieu se révèle magique.




Nous louons une moto et partons à la découverte du marché de Salavan, situé à quelques 30 kilomètres de Tadlo. La route est magnifique au milieu des rizières…
Arrivés à Salavan nous allons dans un premier temps à l’office du tourisme… car il en existe un. Après confirmation de là où se trouve le marché recherché nous prenons aussi une brochure sur l’UXO-LAO (entendez Unexploded Ordonance – Lao, l’organisme lao en charge du déminage du pays…).
La visite du marché est très sympathique. A Salavan vous pouvez acheter un écureuil grillé, des criquets, des grenouilles et autres créatures insolites… Nous faisons un premier tour et achetons une nouvelle ceinture à Matt (2 dollars la ceinture en cuir, il en aura sûrement besoin un jour !!) et achetons quelques délices locaux (des beignets aux pousses de soja ou encore du riz gluant cuit dans des feuilles de bananiers… au final Hélène trouvera les beignets acceptables mais nous n’aimerons pas trop le riz gluant violet cuit dans les feuilles de bananiers…).
Après le marché nous partons pour l’agence UXO-Lao. Matt a envie d’y aller et il nous semble que c’est une excellente étape afin de comprendre ce que furent les bombardements américains (officieux mais réels) et leurs conséquences actuelles.



Alors pour résumer, le Lao est le pays ayant connu le bombardement le plus éprouvant de l’histoire. Environ 70 millions de tonnes de bombes en 9 ans. Une moyenne de 21 tonnes de bombes quotidiennes pendant 9 ans… que dire !!! Et quelles bombes, des bombes à fragmentation… donc imaginez une grosse bombe en métal contenant en moyenne environ 200 « bombies » (petites bombes en forme de boule pétanque supposées éclater à l’atterrissage et devant causer de nombreux dégâts). Le problème des bombes à fragmentation c’est qu’il en reste environ 20% qui n’ont pas explosées… Donc aujourd’hui ce sont encore 30 millions de « bombies » qui sont toujours amorcées sur le territoire Lao. Les enfants les confondent avec les ballons donc imaginez les dégâts… un bras ou une jambe en moins ! Nous discutons avec un responsable du centre qui nous explique quelles sont leurs actions : le déminage bien sur, mais aussi de la prévention et de l’éducation ou encore des recensements afin de mieux cibler leurs actions. Depuis 1996, moins de 1% (oui oui moins de 1%) des « bombies » ont été désamorcées et il faut en moyenne 1 mois afin de nettoyer 1 hectare de terrain. Travail de longue haleine, voire de très longue haleine. Il faudra au moins 150 ans afin de déminer le pays… Conséquence d’une guerre que nous n’avons pas connue, le Laos n’a pas été « officiellement » bombardé par les américains pendant la guerre du Vietnam. C’était une sale guerre mais le stock de bombes à fragmentation existe encore et est toujours utilisé régulièrement (Yougoslavie, Kosovo…). Bref nous n’épiloguerons pas là-dessus mais il existe bien une certaine controverse.



De retour à Tadlo nous poursuivons sur quelques kilomètres afin d’aller voir la cascade du coin. Quelques kilomètres en moto et ensuite quelques centaines de mètres sur un sentier ultra boueux guidés par les enfants locaux tout content de trouver des compagnons pour aller faire les zouaves dans les cascades. Nous mettrons quasiment une bonne demi heure pour parcourir le sentier et nous serons bon pour quelques glissades et une bonne chute pour Hélène (son pantalon s’en souviendra…).



La cascade est magnifique et malgré le fort débit nous pouvons sauter de pierre en pierre avec les enfants. Ceux-ci nous impressionnent tant par leur agilité que par leur courage à sauter dans la cascade. Nous ne ferons pas mieux qu’eux. Le sentier au retour est toujours aussi boueux et en descente. Du coup nous abandonnons les tongs et essayons tant bien que mal de nous en sortir sans se faire mal. Les enfants coupent des branches et les mettent par terre afin de limiter les glissades. Nous nous en sortons en grande partie grâce à eux ! Arrivés à la moto ceux-ci ne perdent pas le nord et essayent de nous soutirer quelques dollars… Mais rien n’y fait nous ne cédons pas ! Nous leur donnerons au final une petite lampe de poche à dynamo. Marie tu sauras désormais pourquoi nous ne rentrerons pas en France avec la lampe rouge que tu nous as offertes (mais la jaune est toujours en notre possession…).




Nous rentrons ensuite à la guesthouse et découvrons le concept de Poh le propriétaire des lieux. Le soir, Poh prépare à dîner… mais sollicite tous les convives pour la préparation : épluchage de légumes, découpage de fruits… chacun met la main à la pâte et la cuisine est un lieu ouvert où chacun a son rôle. Au menu ce soir poisson cuit dans des feuilles de bananiers, curry de légumes et salade verte… Un délice ! que nous partageons avec tous les convives, ainsi que Poh, sa femme et sa fille. Très sympa le concept et l’occasion de faire plus ample connaissance avec la famille de Poh !

Le lendemain nous louons à nouveau une moto et partons à la découverte de Paksong et de cascades situées un peu plus loin. Nous partons avec Germain, un français qui repart sur Paksé en moto et nous propose de faire un bout de la route ensemble. Et nous partons, devinez comment ? Et bien sous la pluie bien évidemment (nous bénissons dans ces instants nos capes de pluie immondes achetées en Birmanie. Sans elles impossible de survivre pendant la saison des pluies…). La route est magnifique mais honnêtement sous la pluie elle manque de charme. Nous décidons de faire un break dans une plantation de café afin de goûter le délicieux café des Bolovens. En arrivant à la plantation nous glissons en moto. Rien de grave, nous nous étalons dans la boue très doucement mais nous perdons de l’huile et impossible désormais de passer les vitesses… Sacrée boue ! Bref, nous sommes un peu sur nos gardes désormais. Mais une visite chez le mécano du coin et celui-ci répare en 3 coups de barres à mines et nous rassure sur l’huile. Rien de grave ! Et à la plantation de café ils ont un jet d’eau pour que Matthieu se « lave » avant de rentrer dans le café !!



Nous poursuivons donc jusqu’à Paksong toujours sous la pluie et arrivons là bas vers 14h pour déjeuner. Nous finirons dans un hôtel sur une colline (si vous avez vu ou lu Shining et bien vous voyez très bien de quel type d’hôtel nous parlons) et mangeons dans un grand préau.
Nous commençons à avoir froid (il fait 17° !), et la vue qui devait être magnifique ici est complètement bouchée par les nuages…Nous décidons donc de faire marche arrière et de rentrer à Tadlo, et là bonne surprise : sur le chemin du retour nous retrouvons le soleil, la chaleur et de ce fait une vue magnifique sur la vallée !!!




Le soir notre repas sera composé de cochon sauvage (Poh est très content d’en avoir trouvé, c’est très rare), d’une délicieuse soupe de citrouille et de légumes tout aussi bons.
Nous en profitons pour discuter avec Poh qui nous explique qu il a commencé par travailler dans l’hôtel « chic » de Tadlo (on est à Tadlo, chic est un bien grand mot) avant de devenir guide pour les touristes et Tuk tuk en même temps. Au fur et à mesure il a économisé de l’argent pour pouvoir ouvrir sa guesthouse et l’a construite petit à petit dans son jardin : la première maison en bambou a été construite avec l’aide de 2 touristes allemands qu’il avait rencontré lors d’un trek et de son frère – une semaine : une maison en bambou !! Efficace, rapide, la bambou hut est toujours en service ! Il s’est ensuite agrandi avec des bungalows avec salle de bain partagée, puis 2 bungalows plus spacieux avec salle de bain privée, et en ce moment il est en train de construire un super grand bungalow pour une famille ! Un super businessman Poh ! Bon, ensuite il arrêtera, car il n’a plus de place dans son jardin !
Il nous explique aussi qu’il est très content d’avoir 2 filles car au Laos ce sont les filles qui restent à la maison avec leurs parents quand elles se marient, leur mari vient habiter dans sa belle-famille et apporte avec lui une dot…





Le lendemain il nous faut déjà repartir, pour une fois que nous avions réservé des tickets de bus à l’avance, nous aurions bien prolongé notre séjour pour cuisiner un peu plus avec Poh ! Retour à Pakse avec le bus (2h30 cette fois, car il s’arrête tous les 10 mètres : lorsque nous montons dans le bus (pas d’arrêt, il suffit de se mettre au bord de la route et de faire signe), le bus est plein. 10 mètres après le bus s’arrête de nouveau et 4 personnes descendent !!!! Le mieux dans le bus c’est le petit garçon qui fait pipi dans une bouteille en plastique avant de s’amuser avec tel un shaker en nous regardant… Heureusement il finira par la balancer par la fenêtre. Au Laos c’est la tradition, les poubelles c’est par la fenêtre…
Le soir nous partons pour Vientiane avec le bus de nuit…Nous en profitons pour prendre notre décision : nous restons au Laos ! A Vientiane nous allons racheter de nouvelles capes de pluie pour être au sec et nous irons dans le nord !

vendredi 29 juillet 2011

Le paradis des 4000 iles et Champassak

C’est avec quelques regrets que nous avons quitté le Cambodge. Il n’y a pas de doutes ! Le Cambodge mérite son surnom de pays du sourire. Nous avons été conquis et sommes décidés à y retourner dès que nous en aurons l’occasion. Mais comme toutes les bonnes histoires ainsi que notre visa ont une fin il a fallu mettre les voiles et continuer vers le Laos.

Le Laos on connaît tout les deux avec Hélène. Hélène y a passé une dizaine de jours en 2009 et Matt a de son coté passé 3 semaines dans le nord du pays il y a 3 ans. Là encore nous n’avons pas trop de planning mais sommes décidés à passer du temps dans le sud (les 4000 iles et les Boloven notamment) avant de rejoindre le nord très certainement en empruntant la compagnie internationalement reconnue, la dénommée Laos Airlines.



Le passage de frontière entre le Cambodge et le Laos est simple et très rapide. Nous avions fait notre visa à Phnom Penh mais il est aussi possible de le faire directement à la frontière en quelques minutes. Dans tous les cas il est indispensable de prévoir quelques coupures de 1 dollars afin de payer les « stamping fees » tant cambodgiens (1 dollars) que lao (2 dollars). Vous pouvez essayer de demander à quoi correspondent ces frais ou d’obtenir un reçu, Matt s’y est cassé les dents. Bref, après un rapide passage de la frontière nous avons effectué les derniers 20 kilomètres en mini van avant de prendre un bateau pour les 4000 îles et particulièrement Don Khone (c’est l’île la plus petite pour ceux qui connaissent !).




Notre première impression en arrivant (et celle-ci s’est confirmée par la suite) est de pénétrer dans un lieu paradisiaque. Imaginez une multitude de petites îles baignées par le Mékong. Sur ces îles minuscules, pas de voitures, juste quelques motos et autres vélos. Quelques guesthouses proposant des bungalows sur pilotis au dessus du Mékong pour une bouchée de pain et quelques restaurants par ci par là. Rapidement nous comprenons. Il n’y a rien à faire aux 4000 îles et c’est exactement pour cela que nous souhaitons nous y arrêter.
En effet, nous avons découvert lors de notre séjour à Koh Lipe les bienfaits de s’arrêter quelques jours dans un endroit paradisiaque désert pour tout simplement ne rien y faire. Ces 3 jours sur Don Khone se résumeront en : ballades en vélos autour de l’île et entre les rizières, de nombreux fruits shakes dégustés sur des terrasses en pilotis sur les bord du Mékong, plusieurs parties de manille et quelques très bons restaurants… Bref la belle vie !!





Malheureusement le bonheur n’est jamais éternel et nous avons du repartir. Honnêtement après 3 jours à se prélasser nous étions content de continuer sur Champassak. Donc direction Champassak situé à environ une centaine de kilomètres en amont du Mékong. Bateau, 2 heures de Mini Van et à nouveau un bateau afin de retraverser le Mékong (et oui il n’y a que très peu de ponts au dessus du Mékong, du coup la traversée se fait le plus souvent en bac) pour enfin arriver à Champassak. Et là première surprise tous les touristes rencontrés sont des français… A croire qu’il faut être français pour venir visiter Champassak et en particulier le site de Wat Phu, classé au patrimoine mondial de l’humanité tout de même… Nous comprendrons au fur et à mesure qu’il faut en effet être français pour venir passer la nuit à Champassak, l’excursion Wat Phu se faisant très bien depuis Paksé situé à une trentaine de kilomètres en amont.
Nous faisons le tour des guesthouses et là première déconvenue… L’hébergement est plus que passable à Champassak et en dessous de 100 000 Kip il est impossible de trouver quelque chose de sympa. Nous prenons donc une chambre pas chère (50000 Kip soit 4,5 euros) mais qui manque sacrément de charme. Le temps étant à la pluie nous décidons de reporter au lendemain matin la visite de Wat Phu et partons en quête d’internet. Et c’est là que cela devient comique. Il existe 2 solutions pour avoir internet :
ð     utiliser le wifi du restaurant le plus branché de la petite ville et s’en sortir pour une bonne addition
ð     partir à la recherche de l’école primaire…

Nous avons opté pour l’école… Nous la trouvons après une petite heure de marche au bout du chemin. Tout est fermé mais une pancarte en bois indique bien la présence d’internet. Nous avisons un Lao et lui demandons. Il n’est pas surpris et nous emmène dans l’école. Nous parcourons des couloirs et escaliers déserts et arrivons devant une salle de classe fermée (comme les autres) avec ses volets clos. Le lao ouvre les portes et là nous découvrons une salle informatique digne de ce nom : écrans plats, PC derniers cris… nous demandons si la connexion fonctionne bien. Que dire si ce n’est que celle-ci se révèle excellente (nous arriverons même à faire un skype rapide avec sœur Christine au Vietnam chez qui nous souhaitons passer une dizaine de jours, mais on vous en dira un peu plus dans les prochains posts). Matt y restera une bonne heure pendant qu’Hélène partira profiter des bienfaits d’un massage aux herbes. Bref si le temps est à la pluie, la guesthouse un peu pourrie, notre première journée à Champassak fut on ne peut plus agréable (et le massage délicieux).




Le lendemain nous partons de bon matin à vélo pour Wat Phu situé à une dizaine de kilomètres. Wat Phu n’a rien de comparable à Angkor mais se révèle magnifique du fait de sa situation à flanc de montagne qui assure un panorama magnifique. Nous parcourons les ruines et sillonnons entre les temples, les sources sacrées et autres sculptures dans la roche. Wat Phu c’est un peu mystique et magnifique. Cela vaut vraiment le coup si vous êtes dans le coin.




Après 2 bonnes heures de visites nous repartons à vélo pour Champassak et arrivons à temps pour éviter la grosse pluie. La très très grosse pluie, celle de la saison des pluies quoi ! Nous passerons le reste de la journée entre parties de cartes et visionnage de vidéos… On commence à se poser des questions… Faut-il rester au Laos ? Dans tous les cas le lendemain nous allons à Pakse, ça c’est sur !



mardi 26 juillet 2011

Un mois au Cambodge

Le Cambodge est le pays où nous avons pour le moment passé le plus de temps (27 jours) et ce n’est pas étonnant, c’est l’un des pays que nous avons le plus aimé…nous avons eu beaucoup de mal à en partir !



C’est le pays du sourire avant tout : tout le monde sourit tout le temps, les enfants, les adultes, les jeunes, les vieux, même et surtout quand on négocie un prix, ou quand on parle de choses pas forcément drôles, notamment sur l’histoire du Cambodge…le sourire facilite la vie et la rend beaucoup plus agréable !!!




Notre Top Cambodge :

-         Les campagnes un peu partout, des rizières à perte de vue, des enfants qui crient « Hello, hello », et des paysans toujours prêts à vous indiquer la route…s’ils la connaissent !
-         Le crabe au poivre de Kampot à déguster au bord de la mer à Kep…un délice !!!
-         Les villages du Ratanakiri 
-         Les temples d’Angkor bien sûr




Le pays regorge d’ONG, et ce n’est pas étonnant, le Cambodge reste un pays très pauvre qui essaie de se reconstruire après une période très dure…Par conséquence de l’histoire du Cambodge, on voit beaucoup d’enfants mendiants, beaucoup d’orphelins, mais aussi beaucoup de mutilés, avec une jambe, un bras en moins, c’est très fréquent, et donner l’aumône est plutôt bien considéré car ces mendiants n’ont pas d’autres ressources pour vivre.

Ne pas oublier de s’intéresser à l’histoire du Cambodge et notamment toute la période Khmer Rouge, très dure mais aussi très importante pour comprendre le pays. Si ça vous intéresse vous pouvez notamment lire « Le Portail » de François Bizot. Bizot est un français qui vivait au Cambodge avant l’arrivée des khmers rouges, qui a été fait prisonnier par eux et qui a pu les connaître un peu. Son histoire est passionnante.




Ne pas oublier aussi de vivre tout simplement : se promener dans les campagnes, faire la fête à Phnom Penh, et prendre son temps, c’est comme ça qu’on a découvert et aimé le Cambodge !
Beaucoup de touristes se limitent à visiter Angkor…il faut bien sûr y aller, c’est magnifique, mais ce n’est pas tout le Cambodge !
Et si vous allez à Angkor, dormez à la Mandalay Inn, 9$ pour une chambre très propre, avec eau chaude, ménage fait tous les jours, et personnel plus que gentil !

Nous n’avons pas eu le temps de tout voir…Sihanoukville, le Mondolkiri, Rabbit Island, Koh Kong, le Cambodge regorge d’endroits magnifiques !



lundi 25 juillet 2011

Cambodge - Ratanakiri

Rejoindre le Ratanakiri depuis Kratie n’est pas si compliqué que cela. Environ 2-3 heures de mini van pour rejoindre l’intersection menant à la seule piste pénétrant dans la province, puis environ 2 heures sur cette même piste en roulant très vite…il faut avoir le cœur bien accroché !




Nous arrivons à Banlung sous la pluie et celle-ci ne cessera qu’en fin de soirée. Dès notre arrivée (après avoir pris nos quartiers dans une guesthouse, confortable mais légèrement excentrée où nous devrons d’ailleurs cohabiter avec une araignée géante…) nous faisons le tour des différentes agences afin de booker un trek. De nombreuses personnes nous ont recommandé « Terres Rouges », un resort assez haut de gamme ouvert depuis de nombreuses années par un français. Un peu cher à notre goût, nous consultons les agences concurrentes mais celles-ci ne vont pas nous convaincre. Finalement nous irons à Terres Rouges et comprendrons pourquoi nous avons eu autant de retours positifs. En effet, le lodge est magnifique et les treks donnent vraiment envie. Nous optons pour un trek qu’ils sont les seuls à proposer : 3 jours 2 nuits en territoire Jarai aux confins du Ratanakiri à la frontière Vietnamienne. Nous fixons le départ au surlendemain afin de nous accorder une journée pour profiter des environs de Banlung en vélo la pluie ayant cessée.






Le lendemain nous louons 2 VTT et partons nous balader dans les environs. Mais au bout de 5 kilomètres la chaîne de Matt casse et nous devons rentrer à pied à Banlung. C’est la loose car nous n’étions qu’à peut être 1 kilomètre d’un cratère volcanique possédant un lac dans lequel nous souhaitions nous baigner (heureusement nous irons quelques jours plus tard en rentrant du trek afin de nous délasser, le paradis !!!). Stoppés dans notre élan nous changeons de vélo et partons déjeuner dans un petit restaurant sur les rives du lac de Banlung. Un délice et un lieu très paisible. Nous resterons une partie de l’après midi à jouer aux cartes avant de rentrer bénéficier du wifi et passer quelques coups de fil (skype tu restera notre ami pour tout le voyage !!).
Le lendemain nous partons pour le trek en jeep. Une heure plus tard nous arrivons le long d’une rivière et prenons place dans une pirogue. Au bout d’une heure nous nous arrêtons sur la rive et partons à la découverte d’un cimetière Jarai. Les cimetières Jarai se caractérisent par leurs nombreuses statuettes représentant les défunts. Lorsque quelqu’un décède, c’est avant tout l’occasion de faire la fête (comme nous le constaterons le soir même) et lorsque le défunt est enterré, le village entier vient faire la fête sur le cimetière (sacrifice de buffle et forte consommation d’alcool de riz local) afin de chasser définitivement les mauvais esprits des environs. La famille entretiendra la sépulture pendant un an environ avant de la laisser à l’abandon dans la jungle jusqu’à ce qu’un nouveau membre de la famille y soit enterré.




Nous retraversons ensuite la rivière et débutons là notre trek proprement dit ! Il est 11h et nous entamons une première marche d’une heure et demie sous une chaleur écrasante. Si le terrain n’est pas très accidenté la chaleur est étouffante. Après une rapide pause déjeuner (une omelette froide délicieuse, un peu de pain et quelques fruits) nous voici repartis pour une ascension rapide mais qui aura le don de nous achever physiquement. Arrivés dans un premier village nous profitons d’un peu d’ombre et d’un coca frais (en tout cas plus frais que la chaleur ambiante) dans un village. Après une petite demie heure de pause nous repartons ! Après quasiment 3 heures de marche nous arrivons dans le village Jarai dans lequel nous allons passer la première nuit. Le premier contact est très cordial, et nous découvrons que nous allons passer la nuit dans la maison de l’une des familles. Nous faisons le tour du village et sommes étonnés par le nombre de moto que possèdent les villageois. En effet, comme nous l’explique le guide les familles ne sont pas très pauvres car ils possèdent de nombreuses têtes de bétails qui sont vendues très chers sur le marché (la vente d’un buffle leur permet d’acheter une moto). Nous faisons aussi connaissance avec l’un des jeunes du village qui parle anglais. Il nous explique que des « amis » lui financent des cours d’anglais à Phnom Penh ainsi que des cours de « Bible»….après discussion nous comprenons qu’il s’agit en fait d’évangélistes venus dans le village construire une église (d’ailleurs le lendemain c’est dimanche et une bonne partie du village ira à la messe) et proposer à certains jeunes de venir étudier à Phnom Penh. Pour eux qui n’ont pas de professeur dans le village c’est une opportunité énorme ! En revanche nous nous apercevons qu’il a très bien intégré les cours de religion et un peu moins les cours d’anglais. Honnêtement il nous récite carrément son amour pour Dieu. En échange de cours d’anglais et du financement d’études il n’est pas dur de convaincre les plus pauvres de l’importance d’un dieu. Sans rentrer dans la polémique nous avons été interpellés par le discours.





Nous passons la soirée à discuter avec la famille. Vers 21h (c’est tard dans un village Jarai) nous discuterons avec le chef de famille et échangerons avec lui (via la traduction du guide) sur le Cambodge, la période Khmer rouge et sa perception de la France. Lorsque nous lui disons qu’en France des personnes vivent dans la rue et qu’une partie assez importante de la population a du mal à avoir accès à une série de service tels qu’une bonne éducation et une bonne santé (bien sûr rien de comparable avec le Cambodge) ils sont très surpris. Pour eux en France nous sommes tous très riches, en bonne santé et bénéficions d’une excellente santé. Lorsque nous leur demandons ce dont ils ont besoin ils sont unanimes : un docteur et des médicaments ainsi qu’un professeur pour l’école du village (ils ont en effet une école mais n’ont pas de professeur car aucun ne souhaite venir enseigner dans un village aussi reculé avec un salaire aussi bas que celui proposé aux enseignants au Cambodge).
La nuit se passera dans la pièce commune de la maison ou nous sommes au moins 6 à dormir ! En plus de cela les enfants et la mère dorment dans le lit à environ 6 !





Le lendemain nous partons vers 8h pour notre 2ème journée de marche. Au programme environ 7 heures de marche donc il s’agit de ne pas trop traîner. Les paysages sont magnifiques et nous croisons plusieurs paysans à moto chargés de bois qu’ils partent vendre à la frontière vietnamienne. La déforestation est en marche et c’est une très bonne source de revenu pour eux. Ils nous racontent qu’une fois les policiers leur ont interdit de couper le bois et de le vendre (une bonne chose en soit afin de préserver la forêt) mais les policiers ont saisi le bois et l’ont revendus aux vietnamiens… No comment ! C’est le Cambodge !
Un peu plus tard nous croisons un paysan en train de ramasser des crickets (un met délicieux au Cambodge… pour les aficionados du blog nous avons essayé au Vietnam et Hélène a adoré !). C’est drôle car pour les ramasser il traque les petits trous dans la terre, creuse rapidement avec sa pelle et finit toujours par les attraper. Le repas de ce soir pour sa famille sera composé de crickets…
Finalement après de longues heures de marches nous atteignons le deuxième village sous la pluie. Dans ce village nous nous installons dans la hutte réservée aux visiteurs. Une huttes ouverte aux 4 vents mais disposant d’un toit plus ou moins étanches. Après une analyse de ce dernier nous installons nos hamacs afin de ne pas se faire tremper pendant la nuit et partons nous laver à la rivière. Epique, authentique, la seule difficulté est que nous devons nous laver devant tous les curieux ce qui est toujours un peu plus compliqué pour Hélène (à juste titre nos curieux sont tous masculins…). Le repas est simple et la fatigue aidant nous tombons dans les bras de Morphée vers 21h… Nous devons devenir vieux…




Le dernier jour de trek est beaucoup plus simple. Ce ne sont que 3 heures de marche pour rejoindre le bac pour traverser la rivière et reprendre la voiture. Nous arrivons fatigués et Matt s’endort rapidement dans la voiture. Nous visitons un village de chercheurs de pierres précieuses (du zircon) et les aidons dans leurs recherches… Hélène en trouvera plusieurs dans la terre et nous repartons avec un butin de 5 pierres! (on précise qu’ils nous ont autorisé à les prendre car ce sont de toutes petites pierres et elles ne leur rapporte pas grand-chose)


Pour terminer le trek nous allons nous baigner dans un lac volcanique. Un lac superbe ! L’eau est délicieuse et nous plongeons rapidement dedans. Matt amuse les enfants en faisant des plongeons audacieux et notre guide assistant est déçu qu’Hélène ne se mette pas en bikini et se baigne habillée (heureusement pour lui d’autres touristes féminines seront plus audacieuses et lui permettront de se rincer l’œil tranquillement…). Les cambodgiens sont très pudiques et les femmes se baignent toujours habillées.
De retour à Banlung nous nous installons au lodge Terre Rouge pour une bonne nuit de sommeil. Un petit dîner romantique sur les bords du lacs et nous nous endormons rapidement. Le lendemain le départ est fixé à 8h, direction le Laos !